Depuis quelques années déjà, lorsque l’on aborde le sujet de la musique electronique on en revient vite à parler, à tord ou à raison, de Berlin, la ville qui pour beaucoup d’electro addict ou de clubber, est devenue l’une des références en terme de production. Alors lorsque des pointures berlinoises, Sascha Ring alias Apparat DJ et producteur d’IDM, et Modeselektor duo de DJ plutôt orienté techno, annoncent un nouvel album, on se dit qu’il serait bon de parler du dernier album sortie afin de vous préparer à la futur grosse tarte que l’on va se prendre.

moderat

A savourer sans modération

Comme je le disais, Moderat est née de la collaboration de deux pointures de la scène berlinoise, le nom même du groupe étant la concaténation de leur projet respectif. Les trois artistes signés chez BPitch Control, label d’Ellen Allien autre grande référence de la capitale allemande, avaient déjà sortis un excellent premier album en 2009 sobrement intitulé Moderat. En 2013, le second album nommé II sort et, hormis un manque flagrant d’originalité dans le choix des noms d’album qui ne semble pas s’arranger vu que le prochain album devrait s’appeler III, Moderat a réussi une nouvelle fois à exprimer toute sa richesse musicale sur les 8 titres qui composent ce petit bijou. Mais comment décrire leur musique simplement ? Disons que tout est affaire de dosage subtile où chaque élément s’emboîte parfaitement pour servir l’ensemble. Tout d’abord on prendra une rythmique relativement légère afin de mieux laisser la place à une basse assez puissante et qui tirera volontiers dans les infras. On continuera en rajoutant des ambiances bien aériennes qui amèneront une ambiance un brin mélancolique. Pour finir, la voix d’Apparat ira ajouter un côté bien mélodique à l’ensemble mais toujours en gardant un côté triste. En bref, on ne dira pas que leur musique est très joyeuse mais malgré tout on notera qu’elle n’est pas fataliste non plus, on sentira plutôt une lueur d’espoir se profiler à l’horizon.

Cet album commence sur un morceau d’intro pas forcément indispensable mais qui a le mérite de mettre l’auditeur en attente de la suite. Et c’est parti pour l’hymne de l’album, Bad Kingdom, le tube en puissance d’une certaine manière par son côté très accessible au contraire du morceau suivant, Version, qui gardera un côté plus ambiant. La suite, Let in the Light, revient dans des contrée très mélodique avec ses lignes de voix androgynes ou Gita qui fait la part belle à une ligne de voix entêtante. On souffle un peu pendant le morceau d’interlude pour arriver sur le morceau le plus intéressant pour moi, j’ai nommé Damage Done. Très mélancolique comme en témoigne les paroles, ce titre est d’une certaine manière très visuel et introspectif. En effet, il amènera facilement pleins d’images ou un début de réflexion que l’on gardera en tête pendant This Time pour clôturer ce chef d’œuvre.

LA CHRONIQUE DE PÈRE CASTOR

Afin d’accompagner ce voyage auditif, j’ai énormément hésité je dois le confesser et au final ce n’est pas un cocktail que j’ai choisi mais un champagne. N’ayant pu faire un choix, et puis après tout étant née de deux entités distinctes, je vous laisserai le choix entre deux vins, le premier d’une grande maison et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de Krug et sa Grande Cuvée, et le second issu de la famille Selosse avec son Brut Initial.

krug grande cuvée

Aujourd’hui pas d’anecdotes croustillantes mais juste deux trois rappels élémentaires. Le champagne est un vin blanc effervescent produit exclusivement autour de Reims, bon jusqu’à là tout va bien. C’est aussi le seul vin issu de plusieurs années sauf lorsque l’on parle de millésime. Autre particularité, le champagne rosé est le seul vin rosé de France à pouvoir être produit à partir d’un assemblage de vin blanc et de vin rouge. Enfin, c’est grâce au champagne que l’on a introduit en France la bouteille en verre, qui était utilisée par les anglais, pour remplacer la barrique. Notons que les premiers champagnes ne ressemblaient guère à ce que l’on a l’habitude de boire actuellement, leur goût très sucré se rapprochant plus d’une liqueur que d’un vin.