En ce moment toute l’actualité du hip-hop US est uniquement occupée par la sortie du nouvel album de Dr Dre et c’est fort dommage. Pourtant ce ne sont pas les talents qui manquent outre-atlantique et justement j’ai décidé de vous parler de l’un d’eux, il s’agit du jeune et talentueux Joey Badass ou plutôt Joey Bada$$ pour les intimes.

joey badass

New York New York

Pur produit de la scène new-yorkaise, Joey est le genre de garçon qui n’a pas attendu pour grimper les échelons du rap game. Il commence tout d’abord par faire de la poésie à l’âge de 11 ans mais très rapidement il enchaîne sur la musique et tout naturellement le hip-hop. A 15 ans, il se fait déjà remarquer suite à l’enregistrement d’un freestyle posté sur internet avec le collectif Pro Era fondé par lui-même quelque temps plus tôt. Provocateur mais assurément doué, il assure pouvoir se mesurer à tout le monde y compris à la plus grande star new-yorkaise actuelle du rap : Jay Z.

Deux années passent et c’est à 17 ans que sort sa première mixtape qui reçoit les honneurs de la presse underground. Il faudra attendre le début de l’année 2015, plus exactement le jour de son vingtième anniversaire, pour voir enfin son premier album sortir nommé B4.DA.$$.

Badass comme album…

La couleur East Coast reste très présente dans cet album, le côté un poil jazzy de certaine instrumentation n’y est sans doute pas pour rien. L’album comprends en tout 17 morceaux qui s’avèrent un peu inégal sur la longueur. Je vous recommande vivement l’écoute des titres Save The Children, Big Dusty et Christ Conscious qui s’avèrent hors du commun. Mais mon coup de cœur restant Paper Trail$ avec son flow ininterrompu soutenu par un arrangement digne de RjD2.

LA CHRONIQUE DE PÈRE CASTOR

Comme d’habitude, Père Castor va nous compter l’histoire badass du cocktail encore plus badass que j’ai choisi pour écouter cet album. En l’occurrence, mon choix c’est arrêté sur l’Alexandra.

Ce cocktail est née en 1980 à Alexandrie en l’honneur d’un célèbre chanteur français, euh… Ah non pas du tout en fait. L’origine de ce cocktail est un peu vague et il faut remonter en 1915 pour en trouver la trace dans le fameux livre de recette de Hugo Ensslin. Le cocktail en question n’est pas l’Alexandra mais l’Alexander qui utilise du gin en lieu et place du cognac. Mais revenons à notre histoire, au début du vingtième siècle les états unis sont en pleine période industrielle et les compagnies de chemins de fer règnent en maître. Afin de promouvoir un peu le train, plusieurs sociétés s’associèrent pour créer une égérie, il s’agit d’une élégante jeune femme nommé Phoebe Snow. Les publicitaires de l’époque, n’étant pas plus inspirés qu’aujourd’hui, décidèrent de la représenter en robe blanche, un peu comme dans la pub Ariel, pour montrer qu’elle ne pouvait pas se tacher en voyageant et cela malgré le charbon et la crasse, ben voyons. Comme tout publicitaire qui se respecte, après le boulot c’est l’apéro, bref pour fêter leur brillante idée ils sont aller boire au Rectors à New York. Le barman, Troy Alexander, aurait alors eu l’idée de ce cocktail, la crème de cacao représentant le charbon et la crème fraîche le blanc de la robe. Ce Troy aurait surement fait un bon publicitaire mais passons. Par la suite c’est en 1922 lors du mariage d’une princesse anglaise que ce cocktail aurait été modifié pour donné naissance au Brandy Alexander. Enfin, c’est en 1950 que le Brandy Alexander fut renommé en Alexandra par trois auteurs connus de livre de cocktail afin de garder le mot Alexander pour indiquer la présence de Gin.

courvoisier bouteille

Comme j’ai moi aussi une âme de publicitaire, j’ai choisi ce cocktail pour sa symbolique. Le cognac étant l’alcool préféré des communauté noires américaines et tout particulièrement dans le monde du hip-hop, mais j’y reviendrais surement dans un autre article, il était tout indiqué. Le cacao représente bien entendu la couleur de peau de monsieur Joey et enfin la crème illustre la douceur de son album.

UN DERNIER POUR LA ROUTE

La dose :
3 cl de cognac
2 cl de crème de cacao brun
2 cl de crème fraiche liquide
1 noix de muscade
Ce cocktail est assez simple à réaliser, le plus dur étant de trouver un bon cognac c’est très important. La crème de cacao se trouve désormais assez facilement dans les grandes surfaces au rayon sirop ou pâtisserie. Enfin, la crème fraiche liquide peut aussi être remplacée par de la crème fraîche standard, personnellement je préfère car cela rend le cocktail encore plus onctueux. Bref, on verse le cognac, la crème de cacao et la crème fraîche liquide dans le shaker, on complète de glaçons… beaucoup de glaçons même. et on mélange pendant 15 secondes. On filtre en versant pour ne conserver que le liquide et éviter des résidus de crème. Généralement on utilisera un verre à martini mais une coupe de champagne conviendra aussi. Pour finir, on prends sa rappe sans mauvais jeu de mots et on met un peu de muscade dessus.